Une avalanche d’Avant-premières

Gogo de Pascal Plisson (2019) - UniFrance

Mardi 8 juin, 13h15 au cinéma Castelnaudary. Une petite classe de Saint Martin Lalande fait son entrée au cinéma sans tambour ni trompette… mais c’est pourtant un événement ! les élèves viennent y découvrir un film « Gogo Gogo est un film documentaire réalisé par Pascal Plisson. « Gogo » ? « Connais pas » direz-vous peut-être. Normal, c’était une avant-première… Le film ne sortira sur les écrans qu’en septembre prochain… Mais réouverture du cinéma rime avec fête au Cinéma de Castelnaudary… et notre bonheur était complet à la vue des 22 paires de mirettes fixées sur le grand écran pour découvrir, non sans émotion, Gogo, une mère, grand-mère et arrière-grand-mère de 94 ans, intégrer l’​école de son village et devenir ainsi la plus vieille écolière du monde.

Mais à quoi servent les avant-premières ?

L’avant-première est une étape incontournable du lancement d’un film. C’est là que démarre le bouche-à-oreille, stratégie des plus efficace pour donner envie aux publics de voir les œuvres.  Stratégie qui ne date pas d’hier et par ailleurs pas uniquement réservée aux comédies et grosses productions. Nombre de « petits films » Art et Essai ont adopté stratégie, car pour un cinéaste, aller au contact de la salle est une tradition qui vient de l’art et essai pensée comme geste politique. 

Aller au contact des spectateurs et redonner le goût de la salle au public car une chose est sûre, l’événement permet à certains spectateurs de reprendre le chemin de la salle.

Plus que jamais, étonnons-nous et soyons curieux, une avalanche d’avant-premières en ce moment dans votre cinéma préféré grâce au festival Télérama :

Gagarine - film 2020 - AlloCiné

Mercredi 9 « Gagarine » à 20h40

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Indes galantes - film 2020 - AlloCiné

Jeudi 10 « Indes Galantes » 18h10

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LA TERRE DES HOMMES – Ad Vitam

Vendredi 11 « La terre des hommes » 20h40

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Un Triomphe - film 2019 - AlloCiné

Samedi 12 « Un triomphe » 20h 40

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Médecin de nuit | Film Diaphana Distribution

Dimanche 13 « Médecin de nuit » 18h30

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Kuessipan — Filmoption International

Lundi 14 « Kuessipan » 20h30

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Milla - Film (2020) - SensCritique

Mardi 15 « Milla » 20h30

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La salle de cinéma dans les films

Chantons sous la pluie de Stanley Donen
Chantons sous la pluie de Stanley Donen Metro Goldwyn Mayer – Warners Bros. France – T.C.D

Théâtre de grandes émotions, la salle de cinéma nous renvoie dans les films à notre propre expérience de spectateur. Florilège de séquences marquantes qui ont pour cadre les salles obscures proposé et emprunté au Centre National de la Cinématographie (https://www.cnc.fr/cinema/actualites/la-salle-de-cinema-dans-les-films_1223201)

Sherlock Jr, de Buster Keaton (1924)

Au milieu des années 20, Buster Keaton, au sommet de son art, signe ce chef d’œuvre intemporel dans lequel il joue un projectionniste blasé qui pénètre en rêve à l’intérieur d’un film où il vit des aventures trépidantes. La séquence qui le voit passer de l’autre côté de l’écran est l’un des grands moments de l’histoire du cinéma dont Woody Allen saura se souvenir (notamment dans La Rose pourpre du Caire)…

Chantons sous la pluie, de Stanley Donen (1953)

Et si la salle de cinéma était un juge de paix. Et si les spectateurs étaient en fait les vrais témoins de l’histoire – et de l’Histoire. Tantôt conquis (pour le dernier film muet du duo de stars interprété par Gene Kelly et Jean Hagen), tantôt railleurs (pour leur premier film parlant totalement désynchronisé et trahissant un montage en catastrophe), tantôt stupéfaits (quand le rideau se lève sur Debbie Reynolds en train de doubler en direct le personnage d’Hagen). L’âge d’or d’Hollywood comme si on y était.

Le Mépris, de Jean-Luc Godard (1963)

Godard célèbre la grandeur des artistes face à la mesquinerie des producteurs, obsédés par la rentabilité. Il offre à Fritz Lang un rôle sur mesure de cinéaste exilé à Rome qui projette les rushes de son nouveau film très arty à un producteur américain -Jack Palance- ulcéré. Une projection-test ironique à travers laquelle JLG se positionne clairement contre l’industrialisation du cinéma.

L’argent de poche, de François Truffaut (1976)

François Truffaut est peut-être celui des réalisateurs, avec Godard et Tarantino, qui voue au cinéma une passion intense, exclusive qui déborde finalement sur l’écran. Antoine Doinel en parle tout le temps, La Nuit américaine (1973) raconte le tournage d’un mélodrame… Dans L’argent de poche, Truffaut filme les premiers émois adolescents qui se déroulent, forcément, dans une salle de cinéma. Un garçon et une fille s’embrassent, deux autres n’osent pas. Les cœurs s’embrasent, le film passe.

La Boum, de Claude Pinoteau (1980)

Plusieurs couples de préados s’embrassent dans une salle de cinéma. Un garçon, lassé que sa voisine pioche dans son paquet de chips, fait un trou en dessous par lequel il fait passer son… sexe. « Salaud ! », crie la fille en fourrant sa main pour la énième fois dans le paquet. Une scène tellement culte qu’elle sera reprise à l’identique dans Diner (1982) de Barry Levinson.

La Rose pourpre du Caire, de Woody Allen (1985)

Comme dans Sherlock Junior, le cinéma devient la réalité et la réalité devient du cinéma… Une vieille fille seule et cinéphile voit son héros sortir de l’écran et l’emmener avec elle dans des aventures extraordinaires, entre quotidien sublimé et fiction terre-à-terre. La magie est totale, le spectacle enivrant.

Cinéma Paradiso, de Giuseppe Tornatore (1988)

Un cinéaste se souvient de son enfance, quand il hantait le cinéma paroissial de son village de Sicile. Prix du jury à Cannes en 1989, Oscar du meilleur film étranger, jamais un film n’a autant sacralisé la salle de cinéma, son expérience à la fois collective et intime. Surtout dans ces scènes magiques où le jeune héros regarde des films par-dessus l’épaule du pittoresque projectionniste. C’est là qu’il apprend la vie et découvre les sentiments au rythme de 24 images par seconde…

Last Action Hero, de John McTiernan (1993)

Grâce à un ticket magique, un garçon se voit “invité” dans les films d’action de son idole -jouée par un Arnold Schwarzenegger en pleine autodérision. La version hard-rock du jazzy La Rose pourpre du Caire, avec ses embardées spectaculaires et son rythme frénétique. Dans le climax du film, la salle de cinéma devient le point de rencontre entre réalité et fiction. Il faut choisir. Le plus sage est de continuer à rêver…

La Cité de la Peur, d’Alain Berbérian (1994)

Un serial-killer sévit dans les coulisses du Festival de Cannes, assassinant les uns après les autres des projectionnistes pour les empêcher de lancer un film d’horreur… La cabine de projection de Cinema Paradiso était le lieu de l’initiation, celle de La Cité de la Peur sera celui du crime ! Devenue culte, cette comédie écrite par Alain Chabat, Dominique Farrugia et Chantal Lauby était un pari fou dans le cinéma français des années 1990. Second degré total.

Inglourious Basterds, de Quentin Tarantino (2009)

Quentin Tarantino a remis au goût du jour l’uchronie avec ce film d’action historique digne de Dumas dans lequel les Alliés tuent Hitler et les principaux dignitaires nazis en même temps. Ce coup d’éclat se déroule dans une salle de cinéma projetant un (faux) film de propagande allemand. Vertige assuré. Chez Tarantino quand le cinéma brûle, c’est pour la bonne cause !

La La Land, de Damien Chazelle (2017)

Mia (Emma Stone) n’a jamais vu La Fureur de vivre que lui propose de voir Sebastian (Ryan Gosling). Rendez-vous est donné au Rialto, la salle mythique de Los Angeles où Mia arrive en retard. Charmés par ce qu’ils viennent de voir, ils se rendent ensuite au même planétarium que dans le film et y scellent leur amour naissant. Nostalgique de l’âge d’or hollywoodien, Damien Chazelle redonne à la salle et au spectacle cinématographique (en Technicolor) la première place qui doit être la sienne.

Napoléon est mort à Sainte Hélène….

Quel est le point commun entre Louis Lumière, Abel Gance, Youssef Chahine et Antoine de Caunes ?

Et celui entre Marlon Brando et Christian Clavier ?

Les premiers ont réalisé des films sur Napoléon, les seconds ont interprété le personnage …

On a beaucoup entendu parler ces derniers jours de l’empereur Mort à Ste Hélène il y a 200 ans.. Mais le cinéma n’a pas attendu le bicentenaire de sa mort pour en faire un personnage emblématique. Selon l’historien et critique de cinéma Antoine de Baecque, « avec plus de 700 apparitions de Napoléon sur le grand écran […] et à peu près 350 à la télévision, l’Empereur est l’un des personnages historiques les plus représentés sur les écrans », la première de ces représentations datant de 1897, deux ans après la naissance du 7ème art, « Entrevue de Napoléon et du Pape », de Louis Lumière.

« Entrevue de Napoléon et du Pape », de Louis Lumière.

Parmi les films les plus marquants, citons ceux d’Abel Gance « Napoléon » (1927) et « Austerlitz » (1960), le « Napoléon » de Sacha Guitry (1955), et le « Waterloo » de Serge Bondartchouk (1970). Mais bien d’autres n’ont pu voir le jour….

« Austerlitz » d’Abel Gance (1960)
« Napoléon » de Sacha Guitry (1955)
« Waterloo » de Serge Bondartchouk (1970)

Les réalisations cinématographiques ont souvent été à la démesure du personnage. A titre d’exemple, le travail d’Abel Gance qui dans le « Napoléon » de 1927, afin rendre hommage à la grandeur de l’Empereur expérimenta de nouvelles techniques de prises de vue (caméra embarquée, élargissement du cadre…) et de projection : près de 25 ans avant les premiers formats larges, il pensa son un film pour être projeté en triptyque (comprenez sur trois écrans accolés) pour mieux en percevoir toute la force et l’intensité.

Les impensables… mais réalisés :

Antoine de Caunes

« Monsieur N. » d’Antoine de Caunes (2003)
« Napoléon » d’Yves Simoneau avec Christian Clavier
« La nuit au musée 2 » de (2009) de Shawn Levy  avec Alain Chabat

Les projets avortés :

« Un de ces joyaux brut qui jamais ne sera poli n’est autre que celui du réalisateur essentiel que reste Stanley Kubrick. Son « Napoléon » est sans conteste l’une des œuvres majeures de cette histoire du cinéma parallèle tant on a fantasmé sur ce projet. L’empereur a eu un destin fait pour le cinéma et deux des plus brillants généraux en chef du septième art ne s’y sont pas trompés.

En effet, Charlie Chaplin aussi a longtemps rêvé de son adaptation et, à des années d’intervalles, lui comme Kubrick avaient amassé une foule d’objets en relation avec leur héros déchu. On apprend ainsi que Chaplin avait accumulé des malles remplies de souvenirs tandis que Kubrick, dans une minutie proche de la sublime folie, avait réalisé un travail colossal de documentation en lisant, par exemple, absolument tous les livres traitant du sujet.

Chaplin avait fait des essais dans les habits de l’empereur, Kubrick des repérages sur le terrain, prélevant même de la terre et de la boue sur les lieux des batailles pour reconstituer au plus près le sol lors du tournage… « 

Romain Faisant Nouvel Obs Blogueur cinéma

Charlie Chaplin
Stanley Kubrick

A venir… Peut être:

Joaquin Phoenix sera Napoleon Bonaparte dans « Kitbag » le prochain Film de Ridley Scott

Steven Spielberg envisageait en 2013 de ressusciter Napoléon, le projet avorté de Stanley Kubrick . Mais l’idée n’a pas eu encore de suite.

1er pas de parodie au cinéma

1916…  Charles Chaplin tourne Carmen… Incroyable ! C’est en effet l’une des premières parodies au cinéma. Charlie Chaplin se moque joyeusement du célèbre opéra de Georges Bizet. Il y joue un Don José de pacotille, au côté D’Edna Purviance dans le rôle de Carmen.

Référence est faite dans ce film a deux autres « Carmen » déjà adapté pour le grand écran à cette époque : ceux de Walsh et Cecil B. DeMille. Mais par-delà le tempo divertissant du film, on notera que contrairement au titre du film original « Charlot joue Carmen », ce n’est pas le personnage incarné Charlie Chaplin que l’on voit à l’écran… Mais un personnage bel et bien joué par le célèbre acteur rebaptisé Darn Hosiery, accoutré tel un cadet de Saint-Cyr. D’où la déception d’un public largement séduit depuis quelques temps au Charlot qui la même année sera à l’affiche de « Charlot pompier » et de « Charlot musicien ». Pourrait-il être aussi drôle que dans son costume de Clochard ? La réponse est oui, incontestablement. Faire d’un opéra un film… muet ! Quelle drôle d’idée !

Mais ce pastiche inattendu du célèbre opéra ouvrira la porte à de nombreux délires parodiques de cinéma : peu de temps après, Max Linder, réalisera « L’étroit mousquetaire » librement adapté de l’œuvre d’Alexandre Dumas.

Depuis bien d’autres ont dignement pris le relai, devenant des « Emprunteurs » de génie, tels Monicelli, les Marx Brothers, De Palma, Giiliam, Hazanvivicius…

Retour sur les Césars

La 46e cérémonie des Césars s’est déroulée ce vendredi 12 mars dans une ambiance particulière. Beaucoup d’encre a coulé depuis, décriée, bousculée, encensée cette cérémonie n’a dit -on pas rendue l’hommage qu’elle aurait dû au cinéma. 

Ça c’était pour le 12 mars dernier et c’était à Paris.

Mais vous souvenez vous de ce qui s’est passé le 25 février 2020 à Castelnaudary ? C’est loin certes, mais ce jour-là le Cinéma de Castelnaudary était honoré de la présence en ses murs de Filippo Menghetti venu présenter son premier long métrage « Deux »…  et ce dernier a reçu le César du premier film… Lors de sa prise de parole, il avait déjà déclaré au public chaurien, comme lors de la remise de sa statuette : « si on m’avait dit il y a dix ans quand j’arrivais en France, que j’allais pouvoir faire ce film, j’aurais rigolé ! » et d’ajouter devant l’accueil du public : « c’est magnifique !»

Vous souvenez-vous de ce qui se passait aussi le 23 septembre 2020 ? Lors de la soirée de présentation du festival « Cinéma d’automne, nous n’étions pas peu fiers d’offrir au public une belle composition de « notes » cinématographiques, « espiègles » et bourrées de « pathétique drôle », chère à Laure Calamy, récompensée du césar de la meilleure actrice, avec la projection « Antoinette dans les Cévennes ». Un succès public qui, dans les semaines qui ont suivi, a prouvé la force de ce film. L’hommage de Laure Calamy lors de la remise des césars au cultissime film « La vie est belle » de Franck Capra (pas celui de Roberto Benigni) n’a pas manqué de toucher nombre d’entre nous qui souscrivons totalement à sa présentation des « James Steward » de nos campagnes qui nous permettent par leurs actions culturelles d’assouvir nos « soifs de sens et de non sens, de nous exiler dans nos imaginaires »… Que seraient nos vies sans eux en effet !

Enfin nous nous souvenons certainement du mercredi 7 octobre dernier, jour ou Aurel, dessinateur de presse, et ami très cher des Croquignous, est venu présenter son film Josep, César du meilleur film d’animation…

Le producteur du film présent à cette occasion à ses côtés pour la remise des Césars déclara :

« J’aimerais que ce prix soit un encouragement pour toutes celles et ceux (…) qui en région, travaillent pour une décentralisation des imaginaires et des moyens techniques. Nous, en région Occitanie, on a été soutenu par la Région très fortement dès le début, tout le long, jusqu’à aujourd’hui. »

Car oui, en effet, le lien entre ces trois films n’est pas seulement que l’équipe du cinéma, le Festival « Cinéma d’automne » aient eu le nez creux, et les aient mis à l’honneur de leur programmation, mais qu’ils soient tous les trois en lien avec notre territoire. Que dans notre belle région dont on ne cesse de louer la cinégénie, il y vit de belles personnes qui aient l’audace productive, et soient en mesure d’y faire des films, de les produire, de les porter, les accompagner … et de les montrer !

Trois Œuvres césarisés pour notre Région, quelle belle récompense et quelle satisfaction pour notre ville d’avoir pu offrir à ces films et leurs auteurs un bel écrin de diffusion… et un public enthousiaste et chaleureux. Alors continuons d’être curieux, continuons de nous étonner ! Et que bientôt nous puissions retrouver le chemin de nos salles !

1er Péplum

Le premier blockbuster de l’histoire du cinéma fut très certainement le péplum « Quo vadis? » réalisé par Enrico Guazzoni en 1912 ; basé sur le roman du même nom de l’écrivain polonais Henryk Sienkiewicz, prix Nobel de littérature en 1905, « Quo vadis, » est le film de la démesure pour l’époque : 5 000 figurants (sans compter les 20 lions pour les scènes d’arènes), des décors somptueux, une durée de vie exceptionnelle, sa réalisation nécessita plusieurs mois de tournage. Il était aussi le plus long métrage réalisé de son temps (106 mn / 9 bobines), et établit de ce fait la norme pour les «supers spectacles» cinématographiques pour les décennies à venir.

Un succès fut immédiat et mondial : premier film à être projeté dans un théâtre de première classe de Broadway (l’Astor théâtre), on l’y vit à l’affiche pendant neuf mois d’avril à décembre 1913. La première projection du film à Londres fut pour le roi George V, en présence des interprètes principaux qui furent largement félicités par le monarque.

On notera aussi que les producteurs comprirent que la Rome antique avec ses jeux et ses combats faisait les délices des spectateurs, et que c’était un moyen de gagner beaucoup d’argent ! Pour preuve le billet d’entrée était vendu quatre fois plus cher que d’habitude !

Le filon est largement exploité : on voit fleurir dans les mois qui suivent plusieurs adaptations du roman « Les Derniers Jours de Pompéi » d’Edward Bulwer-Lytton, un « Marc-Antoine et Cléopâtre » du même Enrico Guazzoni ou encore un « Néron et Agrippine » de Mario Caserini. Deux ans plus tard, en 1914, Pastrone dirigera Cabiria, qui ressemblait à « Quo Vadis? », mais qui sera encore plus long, plus complexe et plus spectaculaire.

Voir des images de ce péplum, cliquez sur l’image

Archives documentaires et post synchronisation sonore…

Que peuvent avoir en commun les comédiens Lucien Guitry, Sarah Bernhardt, André Antoine, les peintres Claude Monet, Edgar Degas, et Auguste Renoir, le sculpteur Auguste Rodin, le musicien Camille Saint-Saëns, les écrivains Edmond Rostand, Anatole-France, et Octave Mirbeau ?

Ils furent tous les artistes à l’affiche du premier documentaire sur l’art sorti en 1915. Ce film, » Ceux de chez nous », que l’on doit à Sacha Guitry fut tourné en pleine guerre et nous laisse un témoignage unique sur l’art et les artistes de l’époque à travers une œuvre fondatrice du 7ème art naissant, le document d’archives cinématographique. Un incroyable casting d’artistes vivants qui nous laisse des images extraordinaires et précieuses; des images  émouvantes aussi, comme celle d’Auguste Renoir dans son atelier, célèbre auteur du « Déjeuner sur l’herbe » (ce tableau qui ne cessera d’inspirer nombre de réalisateurs), dès lors que l’on sait que Renoir mourra 4 années plus tard…

« Je rêvais d’une encyclopédie nouvelle » déclarera Sacha Guitry qui dans ce court métrage de 22 mn réuni, « selon ses goûts » les plus grandes personnalités de son temps. Il les filma « dans leurs attitudes les plus familières, c’est-à-dire au travail, chaque fois que cela fut possible ».

J’ai appris récemment que Guitry réalisa ce court-métrage en réaction à une proclamation des intellectuels allemands exaltant la culture germanique. Il prit soin de noter tout ce que disaient ses prestigieux intervenants, et les répétait mot pour mot lors des diffusions qu’il donnait du film. C’est ainsi que l’on peut affirmer que Sacha Guitry  inventa ce qui allait devenir la post-synchronisation et le doublage.

1ers Biopics

Le film biographique apparaît dès les débuts du cinéma, avec par exemple L’Exécution de Marie, reine des Écossais (1895) de William Heise ou Cléopâtre (1899) de Georges Méliès. Avant de connaître son premier âge d’or dans les années 1930.

Jeanne D’Arcy dans Cléopâtre de Georges Méliès

Mais s’il est un film qui devrait retenir notre attention, ce serait « Les amours de la reine Elisabeth» .

Ce film réalisé en 1912 par Henri Desfontaines et Louis Mercanton, un film français donc, donnera à la tragédienne Sarah Bernhardt le rôle-titre. L’objectif est d’y traiter notamment de l’histoire d’amour malheureuse que cette reine d’Angleterre eut avec le Comte d’Essex (interprété par Lou Tellegen, Di Caprio de l’époque) en ne lésinant pas sur la richesse des décors et des costumes. Ce film connut un grand succès aux États-Unis, grâce notamment une publicité très efficace, mais véritablement mensongère, qui faisait croire aux spectateurs qu’ils allaient voir la comédienne française en chair et en os. Ainsi naquit sous la plume d’Adolphe Zucor distributeur du film le célèbre slogan « Des acteurs célèbres dans des pièces célèbres ». Et comme nous n’étions pas à un mensonge près, notons que sur le tournage Sarah Bernhardt avait 68 ans alors que la reine Élisabeth 1re était morte à l’âge de 45 ans…

La présence de Sarah Bernhardt dans ce film fera évoluer la mentalité des comédiens; ils estiment désormais que si une Star comme elle fait du cinéma, pourquoi eux s’en priveraient-ils ? Ainsi le regard des comédiens sur le 7e art change, le cinéma n’est plus considéré comme la distraction éphémère pour incultes : il peut désormais prétendre passer à la postérité!

Voir le film en version restaurée sur le site du CNC en cliquant ici!

Mais savez-vous quel personnage historique peut se targuer du plus grand nombre de Biopics ?

Selon les dernières recherches de spécialistes, une bataille se livrerait entre Abraham Lincoln et Napoléon Bonaparte… Et Jesse James les talonnerait de près!

Ladislas Starewitch ou comment l’entomologie peut faire naitre la passion du cinéma

Ladislas Starewitch était un étudiant curieux qui s’investit dans différentes disciplines tout particulièrement celle de l’entomologie. De cette passion scientifique va naître une rencontre curieuse avec le cinéma.

« À la période des amours les scarabées luttent. Leurs mandibules font penser aux bois des cerfs. J’ai voulu les filmer mais leur combat est en nocturne, ma lumière les figeait dans une immobilité complète. Avec des scarabée naturalisés, j’ai reconstitué, image par image, par des modifications progressives, les différentes phases de cette lutte en plus de 500 prises de vue, 30 secondes de projection. Le résultat dépassait mes espérances : 1910 « Lucanus cervus » longueur 10 m premier film d’animation en trois dimensions »

Même si ce fut la première expérience en animation de Starewitch, le film était parfaitement animé On croit qu’il avait découvert les secrets de la prise de vue image par image en assistant à une projection du film « Allumettes animées » d’Emile Cohl. Il faut croire que cette technique d’animation devint sienne rapidement, puisque 6 mois après environ, en juin 1910, il était en mesure de terminer « La belle Lucanide » film de 230 m qui racontait à la manière d’un conte et avec beaucoup d’humour la lutte des scarabées pour la conquête de la belle et scarabée Hélène. Présenté en janvier 1911, le film reçu un énorme succès partout dans le monde. Comme quoi Art et Science savent faire bon ménage !

1er film de marionnettes

Semblable au dessin animé dans sa technique qui consiste à réaliser un film image par image, mais différent en raison du matériel utilisé et du travail de préproduction nécessaire à sa création, le film de marionnettes ou animation en volume a trouvé son pionnier en la personne d’Emile Cohl, personnage haut en couleur qui expérimenta toutes les techniques d’animation possibles et connues de son époque. Chez Gaumont, on le surnommait d’ailleurs le « docteur des trucages ».

Fort de son expérience et de sa réputation il s’offrit l’excentricité artistique d’adapter le célèbre roman de Goethe « Faust » revu et corrigé par Gounod en Opéra et ce en utilisant… des marionnettes sans fil !

C’est ainsi que Faust, Marguerite, Méphistophélès devinrent les personnages d’une œuvre sur pellicule de 125 mètres, intitulée « Le tout petit Faust » et dont une partie était en couleurs. En utilisant ce procédé aussi complexe que fastidieux pour lequel il s’agit de modifier la position de chaque marionnette parfois d’un millimètre seulement à chaque prise de vue, Cohl démontra avec ses figurines stylisées en volumes « par la douceur du mouvement et une invention exquise, à quelle dignité était promis le film de marionnettes dans l’avenir du cinéma s’il tombait dans les mains d’artistes doués d’un sens poétique réel. »

Et le temps lui a donné raison… dans les semaines à venir nous découvrirons certains de ses dignes successeurs : Ladislas Starevitch, Jiri Trnka, Ray, Ray Harryhausen, Henry Sellick, Wes Anderson, mais aussi Claude Barras… et la liste est loin d’être exhaustive !